Communiqué de soutien à la companie “Títeres Desde Abajo”

Les membres de la troupe D-Mentes souhaiteraient exprimer leur solidarité avec Títeres desde Abajo ainsi que leur refus inconditionnel pour leur arrestation et l’emprisonnement qui a suivi.
Durant notre tournée avec le spectacle “A.C.A.P…?” (All Citizens Are Puopets…?), nous avons vécu une situation similaire lorsque nous avons joué dans un village. La mairie, qui nous avait chaleureusement convié à jouer dans la rue, ne se donna pas la peine de lire notre dossier et par conséquent le thème du spectacle. S’agissant de marionnettes, elle en a conclu que le spectacle était destiné aux enfants. Il ne l’était pas. Personne ne nous a dénoncé, Titeres desde Abajo n’a pas eu cette chance. C’est pour cette raison que nous nous sentons très touchés par ce qui leur arrive, et parce que nous les considérons victimes d’une nostalgie des temps passés, de l’ignorance et de l’abus de pouvoir de ceux qui sont disposés à criminaliser l’opinion gênante et l’art libre, sous quelque prétexte que ce soit. La vérité prémonitoire du spectacle a fait de Titeres desde abajo les victimes des thèses qu’ils dénoncent.

NOUS ACCUSONS la mairie de Madrid qui a démontré son incompétence dans la fonction qui lui était assignée de classifier le spectacle, tâche qui ne requérait qu’un simple “clic” sur la page web de TDA.

NOUS ACCUSONS la mairie de Madrid de lâcheté vue la rapidité avec laquelle elle a cédé sous la pression médiatique, alimentant ainsi le faille béante qui existe entre représentants et représentés.

NOUS ACCUSONS les parents qui applaudissent le festival de la tolérance au sein des collèges mais démontrent leur ignorance au moment de s’informer sur les spectacles auxquels sont conviés leurs enfants. Au lieu de reconnaître leur erreur, ils choisissent de crier CENSURE!, et par là même envoient deux personnes ainsi que leur travail en prison.

NOUS ACCUSONS ceux qui ont participé à la diffusion d’une information fausse et manipulée, en particulier ceux qui, une fois de plus, utilisent les faits pour attaquer politiquement l’actuelle mairie de Madrid.

NOUS ACCUSONS ceux qui fabriquent les cadres légaux favorisant l’émergence de ce type de situation de plus en plus courantes. La dérive répressive de la législation espagnole est
précisément ce que nous dénonçons dans notre spectacle « A.C.A.P », et nous ne pouvons que constater avec tristesse la pertinence du propos de notre ancien spectacle.

NOUS ACCUSONS tous ceux qui attaquent et condamnent l’art libre et la culture indépendante.

NOUS DÉNONÇONS les restrictions de la liberté d’expression, extirpant de son contexte une partie infime du spectacle dans le but de le censurer parce que son contenu, clairement politique, est critique avec l’état, le capitalisme et la répression policière; toutes opinions que nous pensons légitimes et nécessaires, tant pour ceux qui les défendent que pour ceux qui sont indifférents. Le pouvoir ne freine pas, il faut le faire freiner.

Nous refusons que la peur nous bâillonne. Nous n’arrêterons pas.